Trains sans pissenlits

Paul manoeuvre une rame de voitures UIC

Les vacances à la campagne, c’est bien. Mais quand il pleut, c’est mieux avec un train électrique sous la main.

Fin août, lors de quelques jours passés en Auvergne, Paul a donc eu tout le temps de découvrir les trains miniatures de papa et de ses oncles, entreposés là depuis environ 25 ans sur une étagère. Ils n’ont pas pris une ride (eux). Paul a été tout de suite intéressé par ces jouets qui roulent mieux que des automobiles, même sans rails. Mais dès qu’on passe aux choses sérieuses, un vrai train avec 3 voitures voyageurs, difficile de rouler plus de quelques centimètres.

N’écoutant que son grand coeur (et son désir de ne pas voir de matériel détruit en chutant d’une étagère posée à 1,50 mètre) papa s’est alors mis en quête de quelques rails et a fini par tomber sur l’objet idéal et inespéré, au fond d’un débarras : un vieux circuit H0 assemblé sommairement sur une plaque de contreplaqué de 2 x 1 mètre. Paul découvre alors le roulement fer-fer et est immédiatement convaincu par le procédé et sa supériorité indéniable sur le roulement fer-bois et pneu-pas pneu. Paul découvre tout aussi rapidement que le contact main-plastique associé demande une certaine application…

Mais jusqu’ici, pas de démonstration inopinée de locomotive. Les pauvres sont entassées depuis la même époque sur la même étagère… Profitant de l’obscurité naissante (se concrétisant par le départ de Paul pour le lit), papa effectue une indispensable remise en ordre de marche du matériel moteur. Récupération d’un vieux transformateur, nettoyage des rails et des roues (au produit pour vitres, faute de mieux), un peu d’huile pour machine à coudre dans les mécanismes, et hop : après quelques crachouillements et étincelles, c’est reparti comme en 1982. La fidèle BB 7200 Roco se met à rouler sur le circuit dans un ronronnement de bon aloi. N’écoutant que son esprit de sacrifice et uniquement afin de tester le matériel en profondeur, papa s’amusera un bon moment tout seul.

Le lendemain, la démonstration fait son petit effet sur Paul. Courageux mais pas téméraire, il préfère au début laisser papa s’occuper des manipulations, restant prudemment en retrait pour admirer le passage du convoi, se contentant gentiment de le faire dérailler lors des arrêts.

Hélène, de son côté, après quelques cris de joie, nous joue un remake très convaincant de Godzilla, traversant le circuit d’un pas lourd, ignorant totalement les consignes de sécurité et les signes qui lui sont faits par les agents de la gare, et arrivant miraculeusement (mais bien involontairement) à éviter tout désastre ferroviaire.

Paul étant pendant cette période en formation intensive pot en vue de sa rentrée à l’école, il découvre par la même occasion qu’il est préférable de savoir le pratiquer correctement (si quelqu’un a eu la présence d’esprit de le poser à côté du circuit) pour jouer plus longtemps, plutôt que de risquer un arrêt prolongé au stand WC ou séchage-pipi un étage plus bas.

Et les pissenlits là dedans ? Outre ce clin d’oeil à un blog ferroviaire sympathique, signalons que Paul et Hélène ont échappé au traitement que son grand père infligeait naguère à ses père et oncles au désespoir du reste de la famille, application littérale de l’expression « manger les pissenlits par la racine », à une époque où les calembredaines concernant la médecine par les plantes faisaient déjà flores.

2 Responses to “Trains sans pissenlits”

  1. ophise says:

    Mais c’est charmant cette initiation ferroviaire à l’âge du pôt !!!!

    Et c’est très gentil de parler de mon petit chez-moi !!!! Merci… !

    :)

  2. Pierre says:

    ophise : oui, je crois que j’ai passé le virus à mon fils… mercredi 5 on est même allés traîner à la gare de Lyon sous prétexte d’accompagner sa grand-mère acheter son billet, et Paul (c’est lui qui a demandé spontanément, je suis innocent !) a même passé environ une minute, grâce à un conducteur sympa, dans une BB 7200 qui venait de manoeuvrer une rame à quai… courageux mais pas téméraire, il a vite préféré rejoindre sa grand mère sur le quai, avant que la locomotive l’emporte de force on ne sait où.

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