Le père Noël est une ordure
Aujourd’hui, c’était l’arbre de Noël du travail de Maman.
Après un trajet jusqu’au métro sous une pluie battante et un voyage dans une rame bondée, nous sommes arrivés au palais des Congrès pour tenter de trouver un rendez-vous dans un restaurant mal indiqué. Nous étions en avance. Après avoir poireauté 40 minutes avec quelques collègues de Maman, nous avons fini par trouver la porte d’une arrière-salle improbable au look intermédiaire entre la boite de nuit et le luxe en toc.
Nous étions toujours en avance, mais les familles moins stupides que nous étaient déjà là depuis longtemps et avaient squatté les meilleures places, les plus près du père Noël, et n’escomptaient pas les quitter de sitôt. La salle disposée en L était astucieusement conçue pour que l’estrade soit accessible d’un nombre minimal de personnes et de la façon la moins pratique possible.
Après avoir ingéré quelques petits fours salés fades et des viennoiseries rances, nous avons pu nous approcher du père Noël qui, d’un signe de la main, nous a intimé l’ordre de nous écarter pour ne pas gêner les mères de famille dont le seul but de la journée était de photographier leur charmante progéniture avec lui.
Nous nous sommes alors retrouvés un peu plus loin sur l’estrade, où nous avons pu gêner la préposée à la distribution de cadeaux qui n’a pas hésité à nous le faire remarquer presque poliment.
Paul, qui a oublié d’être idiot et qui avait bien compris que l’intérêt unique du déplacement était de récupérer une voiture Cars programmable, s’est rué dessus et ne s’est ensuite pas attardé en bisous avec l’homme en rouge. Maman a failli provoquer un mini-scandale en laissant entendre que le père Noël achetait les cadeaux au lieu de les faire fabriquer dans son usine à lutins. Apparemment il n’est pas de bon ton de ne pas prendre les enfants en bas âge pour des débiles mentaux.
Le père Noël, manifestement passionné autant que nous par la séance et désireux de toucher rapidement sa paye, s’est éclipsé le plus vite possible après avoir achevé sa corvée de distribution.
Après avoir échangé quelques amabilités avec une collègue qui trouvait cette distribution de cadeaux beaucoup mieux organisée que l’année précédente, nous avons réussi à obtenir deux coupes de champagne fort buvables d’une serveuse charmante. La plupart des familles étant déjà parties, il était temps de commencer la distribution des petits fours sucrés dont Hélène s’est consciencieusement empiffrée, provoquant l’attendrissement de la serveuse.
Nous avons alors pris le chemin du retour, toujours sous une pluie battante, avant d’essuyer une petite tempête au sortir du métro.
Une bien belle fête de Noël.
PS aux organisateurs, s’ils se reconnaissent : ceci n’est qu’un exercice de style, en fait c’était très bien.
Mise à jour : j’apprends avec stupéfaction qu’il y avait également un mini-sapin muni d’une guirlande non lumineuse, installé en catastrophe peu avant notre arrivée et judicieusement caché derrière le père Noël, ce qui explique sans doute pourquoi je ne l’avais pas remarqué.